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Manuelle a 35 ans et monte à cheval depuis son adolescence. Accro à l’écurie, elle y a passé, comme de nombreux autres passionnés, de nombreuses heures à regarder les reprises, à s’occuper de ses chevaux préférés, à participer aux stages pendant les vacances et à tisser des liens avec les autres cavaliers. Aujourd’hui, elle porte un regard critique sur la qualité de l’enseignement de l’équitation en France, de part son expérience qui fut enrichissante mais aussi décevante, alors qu’elle n’est pas novice en la matière.

Interview de Manuelle, cavalière passionnée, fan de CSO et de dressage :

LBC : Bonjour Manue et merci de nous consacrer du temps. Dis-moi, comment es-tu tombée dans l’équitation ? Un peu comme dans la marmite d’Obélix ?
M : Je ne sais plus exactement comment j’ai commencé à monter à cheval, j’étais vraiment jeune. Je n’ai aucun membre de ma famille qui monte à cheval ou qui travaille dans l’équitation. Je suppose que c’est l’animal qui m’a attiré… En tout cas, c’est un vrai virus !

LBC : Qu’est-ce qui a fait que l’équitation n’est plus pour toi un simple loisir, mais une passion à part entière ?
M : Disons que le fait de partager quelque chose de très fort, une véritable relation avec un animal aussi beau et aussi mystérieux m’a donné envie de pousser encore plus l’exploration de son univers.

LBC : Finalement, tu es devenue tellement accro que tu as franchis le pas d’acheter une jument. Comment se sont passées tes recherches ?
M : La rencontre avec ma jument a été pur hasard. Je pensais acheter un autre cheval, mais dès je l’ai vue, j’ai craqué. Je voulais un cheval qui vienne de la région Champagne-Ardennes. Le reste n’a été qu’un coup de cœur. Je ne cherchais pas les origines, seulement un cheval gentil et bon sauteur.

Saut d'obstacle en liberté

Regard d'Idanum de Blonde

LBC : Si tu devais acheter un cheval aujourd’hui comment t’y prendrais-tu ? D’ailleurs, est-ce dans tes projets ?
M : Tout à fait différemment. D’abord, j’irais prendre conseil auprès du professionnel chez lequel le cheval  sera en pension, car parfois on peut avoir des surprises à l’arrivée. Mon expérience en la matière a été très mauvaise.
De plus, je serais plus regardante et ne cèderai pas au coup de cœur sans un examen approfondi des compétences du cheval, de son mental, de ses performances sportives (s’il en a), de l’examen vétérinaire poussé. Et surtout, il faut faire un essai monté très avancé (aller en extérieur, monter un parcours de saut d’obstacles…). Car là aussi on a des surprises.
Pour l’instant, je tâtonne.
[Manuelle a fini par vendre sa jument parce qu’elle n’arrivait pas à progresser avec elle, malgré un budget adéquat et la recherche d’un professionnel qualifié].
Je ne sais pas trop ce que je vais faire dans l’avenir, donc l’achat d’un nouveau cheval n’est pas prévu pour un futur proche.

LBC : Niveau encadrement, peux-tu nous parler de ton expérience ? Qu’est-ce qui t’a manqué pour te sentir à 100% épanouie dans ta passion ?
M : Mon expérience est un peu similaire à tous ceux qui ont poussé la porte d’un poney-club. J’ai eu de très bons moniteurs et d’autres plus intéressés par le fait de monter à cheval eux-mêmes et qui ont dû se tromper de branche.
Lorsque j’étais propriétaire, il m’a manqué un encadrement sérieux dans mes débuts avec mon cheval qui était trop jeune pour moi et pas suffisamment dressé. Le « coach » ne se souciait pas des problèmes du couple. Il ne me donnait pas non plus d’objectifs à plus ou moins long terme. Je voulais aller en concours, mais j’ai eu de grosses désillusions.
Le bien être du cheval aussi est important l’encadrement pédagogique, et là aussi il y avait de gros problèmes. Le fait est que dans ce milieu, on peut avoir le meilleur de l’enseignement et du coaching, mais aussi le pire. Surtout quand on est seule et pas toujours sur place pour surveiller.

« Le fait est que dans ce milieu, on peut avoir le meilleur de l’enseignement et du coaching, mais aussi le pire. »

Flexion selon la méthode d'Orgeix Travail au pas, détente du cheval

LBC : Que penses-tu de l’équitation qu’on t’a enseignée durant tout ton parcours de cavalière ? Niveau qualité des structures, de l’enseignement, de la pédagogie…
M : L’enseignement dispensé est complètement en décalage avec la réalité. Certes, l’équitation est un loisir, mais il faut le pratiquer avec plaisir. J’ai remarqué que certains clubs ne font que dans la « championnite » [et délaissent les cavaliers plus orientés loisir ou qui n’ont pas le temps de sortir en concours ndlr.] alors que d’autres ne s’occupent même pas de prodiguer le minimum des soins aux chevaux avant et après les cours. J’ai vu des séances d’équitation surchargés avec des chevaux qui enchainent 2 heures voir 3 d’affilés, bridés, sellés, sans vérifications entre les cours.

Il y a aussi un décalage entre ce qu’on nous apprend et ce qu’on voit dans le sport. Lorsqu’on est en difficulté, on ne sait pas vraiment comment trouver la clef qui nous permettrait d’avancer.

Les infrastructures, que ce soit dans un petit club ou un grand club équestre, ou même dans une écurie de propriétaires doivent avant tout respecter toutes les conditions de sécurité et avoir un bon sol pour ne détériorer les membres des chevaux. Le reste est un plus.

LBC : Enfin pour conclure, si tu devais changer le monde du cheval en un coup de baguette magique, que ferais-tu ?
M : Ce sport formidable, qui unis deux êtres vivants si opposés et n’ayant pas du tout la même façon de communiquer, devrait être plus respectueux envers les chevaux, car ils nous donnent tellement de bonheur… Nous ne devrions pas considérer les chevaux comme des valeurs financières, mais comme un merveilleux compagnon, que ce soit au-dessus d’une barre d’obstacle, au cours d’une reprise de dressage, ou tout simplement en ballade en forêt. Ma dernière pensée sera pour la jument qui a partagé ma vie pendant 6 ans : je la vois galoper, la queue en panache, ronflant des naseaux… Heureuse de vivre !

« Ce sport formidable, qui unis deux êtres vivants si opposés et n’ayant pas du tout la même façon de communiquer, devrait être plus respectueux envers les chevaux ! »

Pessoa : travail du cheval à la longe

Portrait d'Idanum de Blonde (profil)

La politique des fédérations répond-t-elle vraiment aux attentes des cavaliers ?

Le goût de l’équitation à long terme serait-il en péril ? La passion en elle-même n’est sans doute pas menacée, mais la confiance envers les instances de régulation et les professionnels du cheval n’est pas au rendez-vous. Crise d’une niche en pleine expansion ? On pourrait même se demander si les cavaliers pratiquent aujourd’hui des détours pour se réapproprier leur sport (nouvelles tendances et disciplines, stages dans un cadre très privé…).

Au moment où la FEI ferme les yeux sur des pratiques comme le rollkur et que la FFE ajoute l’éthologie – les épreuves d’ « Equifeel » – à ses programmes officiels, peut-on dire qu’il y a réellement une volonté de faire bouger le monde du cheval, ou n’est-ce que du marketing ?


6 commentaires sur “Une cavalière parle de son expérience : portrait de Manuelle”

  1. Manue

    En repassant sur l’article, il y a un truc que je n’ai pas dit, mais que l’on peut lire ici, c’est qu’il faut nuancer, mon expérience a été mauvaise, mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

    Quand au dressage à proprement parler, il est difficile de trouver des écoles d’équitation qui puissent donner des cours de dressage pur, le niveau des chevaux ne permets pas de ressentir cela. c’est lors de l’achat d’un cheval que l’on destine à la discipline que l’on va chercher une écurie spécialisée dans ce domaine… Rare sont celles qui mixent dressage et CSO. Sinon on peut toujours trouver des écuries ou des centres qui pratiquent le complet.Mais en dressage pur, à part chez les spécialistes de la discipline… pas grand monde.

  2. ssiap

    je suis d’accord tout le monde na pas eu une mausaive experience

  3. d'alessandro

    Bonjour je m’apelle fiona et j’ai 9ans, je voudrais savoir a qu’elle club vous etes ? Votre cheval est tres beau VOILA fiona bisou

  4. Débo

    Bonjour Fiona,

    Manuelle n’a plus de club actuellement, car elle a vendu sa jument à un cavalier qui peut la sortir en concours.

    Même si cet aspect n’est pas développé dans l’article, il lui a été difficile de s’entourer d’un coatch qui comprendrait ses spécificités, et notamment le fait d’avoir un suivi médical important. Sinon, il s’agissait d’une écurie près d’Orléans.

    Si je peux t’aider, n’hésite pas.

    Bien à toi

  5. jeanne

    bonjour,moi (jeanne) je fait de l’equitation dans le nord (a Avrillé dans le Maine et Loire) mon club s’appel « la Goupillère »

    et je serai ravis dans savoir plus sur vous: votre dicsipline preferer,votre cheval preferer;…etc

    a bientot , Jeanne.

  6. Clara

    Bonjour, ou plutôt bonsoir.

    J’ai conscience que le message est tardif par rapport à la date de publication mais l’expérience de Manuelle à trouvé une forme d’écho dans mon histoire personnelle avec le monde du cheval et j’aimerais apporter ma petite pierre à l’édifice.

    Depuis l’âge de trois ans je pratique cette belle discipline et effectivement les expériences peuvent êtres bonnes comme mauvaises.

    Malheureusement je suis en mesure de dire aujourd’hui après maintes années passées dans différents clubs que dans la plupart des cas le cheval n’est qu’un objet de buisiness et de distraction ( pas tout le temps évidemment et ce n’est l’un qu’un avis tiré de mon expérience personnelle)où les cavaliers préfèrent le plaisir de monter plutôt que de s’occuper et de passer du temps pour comprendre le cheval.

    J’ai eu l’occasion de voir beaucoup de comportements abérrants de la part des cavaliers comme des professionnels du milieu. Des violences et maltraitrances et une ignorance parfois qui frisait le ridicule.(CF : Un cheval qui refusait d’aller à la douche car on l’avait convaincu à grand coup de cravache)Des chevaux dont on exigeait les performances au détriment de leur mental.

    Un cheval notemment m’a marqué ces dernières années, devenu extrêmement dangeureux suite à des tortures répétées mais qui finalement ne demandait qu’à être respecté et aimé.

    Néanmoins je n’ai pas vu que de mauvaises choses, loin de là. Je crois sincèrement que l’équitation c’est avant tout une affaire de rencontre et de passion. Et ces gens là, passionnés et respectueux de leurs compagnons valent vraiment le coup. Ce sont eux qui préservent toute la magie et la beauté de ce sport et qui transmettent ce savoir aux plus jeunes.

    J’ai aujourd’hui une pensée émue pour l’instructeur impitoyable que j’ai eu la chance de rencontrer un Eté lorsque j’étais plus jeune. Sans cette rencontre je ne n’aurais jamais eux les résultats que j’ai obtenu avec certains chevaux. Il m’a appris une chose fondamentale et si simple sur l’équitation qui est « le respect mutuel ».

    Bon sur ce, je ne vais guère soliloquer plus longtemps. En tout cas c’est une belle interview que voilà et j’espère que Manuelle saura trouver le compagnon idéal.


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